Vallée de Tsum-Tour du Manaslu(-Tour des Annapurnas)

0- Préambule

Publié le 18/11/2014 à 18:46 dans Le sejour, Katmandou
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Préambule
Ce blog raconte mon histoire lors d’un deuxième voyage au Népal.
 
Le premier voyage de 7 semaines est relaté sur le blog:
 
Cette fois-ci, c’est mon histoire dans un groupe, groupe que j’ai commencé à constituer depuis le mois de septembre 2013. Ce groupe est né bien sûr de rencontres, mais aussi et surtout d’une double envie , d’un double rêve : celui de retourner dans un pays que j’avais fantasmé des années durant avant de pouvoir y mettre les pieds et celui de faire partager cet amour du pays et des gens de ce pays. Il s’ajoute à cela le souci d’aider à vivre un groupe d’amis Népalais dont l’un d’eux, Dorjé, a ouvert une agence de trek il y a quelques années. C’est aussi l’histoire d’un partage, celui d’une chambre, d’abord par nécessité, puis je crois par amitié, avec Daniel mon coturne.
 
 
Mon histoire devait comprendre la vallée de Tsum et le tour du Manaslu. Ce tour a été amputé du fait du dramatique blizzard qui a eu lieu sur les Annapurnas et le Manaslu. Le tour des Annapurnas a été réalisé par Françoise, Dominique et Martine. Ils ne rentreront du Népal que le 25 novembre. 
 
Lorsque l’on met partage au pluriel, on obtient alors le nom de l’association « Partages » http://perso.nordnet.fr/christine.kieffer/partages/ par qui j’ai connu Dorjé, mon guide préféré et celui de l’agence de Dorjé http://www.partagesnepaltreks.com/
 
Ce récit n’est forcément pas objectif, mais c’est le mien.
 
C’est enfin le récit d’un renoncement, qui laisse inévitablement des frustrations lorsque l’objectif en point d’orgue n’est pas atteint, même en cas d’impossibilité de l’atteindre. Cet objectif était, lors du tour du Manaslu, de passer le col du Larkya La à 5160 mètres. Ce qui est dommage, lorsque l’investissement dans l’objectif « point d’orgue » est trop fort, c’est que l’on oublie en cas de renoncement tout le reste des plaisirs. Ne pas admettre le renoncement, c’est se placer dans la toute puissance dont on connaît les effets pervers. Un renoncement, en montagne n’est en rien un échec, mais souvent une décision salvatrice. C’est ainsi que l’on peut entendre des termes comme « défaitiste » appliqué à celui ou ceux qui sont identifiés comme responsable du renoncement. On apprendra quelques jours après le renoncement que 43 personnes ont laissé leur vie sur les pentes du Thorong La d’abord, mais aussi du Larkya La, et que plus de 250 ont été hélitreuillés et que plus de 500 ont été secourues en tout.
 
J’étais loin d’être le mieux préparé physiquement ayant proposé ce trek à des sportifs pratiquant régulièrement le vélo, la marche nordique, le jogging (dont le marathon), la montagne des Vosges. J’étais par contre probablement le mieux préparé psychologiquement en tant qu’initiateur du projet, pratiquant de courses de glacier et plus ou moins fort d’une expérience de 7 semaines de Népal et de mes discussions avec Dorjé.
 
Même si on peut m’en dénier le rôle, je me sentais responsable moral et humain de ce qui allait se passer. Je voulais ardemment que tout le monde rentre en bon état à la maison et que le maître mot du trek soit le plaisir ; plaisir de découvrir, de partager, d’apprendre, etc… Le rôle technique et organisationnel sur le terrain, était lui, dévolu à mon ami Dorjé, même si depuis le début du projet,  j’ai aussi partagé cela avec lui.
 
A partir de l’acceptation du principe de ce voyage et de ce trek par le groupe, j’ai à tout moment donné les informations nécessaires au choix, fait des propositions ouvertes, demandé les avis, fait des synthèses, etc…. Tout ceci était voulu afin que chacun se sente concerné. Je ne voulais pas que ce groupe soit un groupe de consommateurs comme on peut l’être en étant client d’une grande agence de treks. Je tenais par dessus tout à la démocratie, à ce que l’on s’écoute, à ce que les décisions soient prises après réflexion et discussion… Cela marche bien quand tout le monde joue le jeu !
 
Mon « rêve de Népal » est réalisé même s’il est entaché partiellement par le renoncement. 
Mon rêve de groupe…
 

1- Commentaires et explications

Publié le 18/11/2014 à 18:45 dans Commentaires et explications, Château-du-Loir
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Commentaires et explications

- Pour vous faciliter la tâche, j'ai créé des « rubriques » qui correspondent à la préparation du voyage, au séjour et aux commentaires et explications.

Ces rubriques vous permettront de vous reporter aux articles que vous souhaitez lire sans avoir à les chercher trop longtemps. Les albums photo portent le même nom que les articles.

 

- Si vous souhaitez écrire un commentaire, vous cliquez sur "lien", en bas d'un article, puis sur "écrire un commentaire", au même endroit.

 

- Il y a quelques photos dans le corps du texte de chaque article, mais des albums photos nommés de la même manière que les rubriques sont disponibles. Ces albums, vous les trouverez en cliquant sur le petit "album photos" du menu et non pas sur le gros "mes albums" en dessous de ce menu. Ces albums ne représentent que 10% des photos que j’ai ramené

 

- Trois groupes de trois avaient été formés. Ensemble, nous sommes arrivés par le même avion à Kathmandu le 26 septembre. Tous les neuf nous sommes partis de Kathmandu pour Baluwa en minibus avec notre équipe locale de guides et de porteurs, le 28 septembre. Baluwa est un village de la vallée de la Daraudi Khola, au pied du Boudha Himal. C'est de là que devait débuté notre trek, le lendemain, mais vous verrez plus loin que le Népal reste un pays de surprises...

Nous sommes restés ensemble pendant toute la première partie, c'est à dire le chemin du tour du Manaslu par Barpak et Laprak, avec une escapade de 10 jours dans la vallée de Tsum. Mais vous verrez plus loin que le Népal est encore et toujours un pays de surprises…

C'était à Dharapani que "les gourmands" (Françoise, Martine et Dominique) devaient quitter le reste du groupe pour entamer le tour des Annapurnas puis le camp de base des Annapurnas. Les 6 autres devaient finir le tour du Manaslu à Bhulbhule et rentrer à Kathmandu. Les trois Vosgiens (Bernadette, Claude et Daniel), après 48 heures à Kathmandu devaient reprendre le chemin de Remiremont (enfin juste à côté à Dommartin). Monique, Marie Odile et François devaient faire une escapade dans le village de Dorjé dans le district du Kavre Palanchock, avant de passer quelques jours à Baktapur (qui nous avait beaucoup plu en 2012). Le retour sur la France s’est fait le 3 novembre.

 

- En appui de ce petit texte d'explications, voici des documents pour visualiser le circuit tel qu’il aurait dû être.

J'ai emprunté, avec son accord, les cartes mises en ligne par Jean Marc Souchon sur son blog pour un trek réalisé au printemps 2013. C'est, lui aussi, un "gourmand"!!! Il a enchainé Manaslu-Tsum et Annapurnas (tour et camp de base). Ce blog, remarquable, donne l'essentiel des éléments techniques et de logistique du trek. Notre parcours était prévu pour être le même à peu de chose prêt, mais avec des étapes légèrement différentes. Pour ma part, dans mon blog, j’ai été beaucoup plus dans le descriptif et le sensitif.

 

http://caminaire.com/tsum-valley-manaslu-annapurna/

 

La carte du Népal avec la zone des treks:

http://caminaire.files.wordpress.com/2013/02/nc3a9pal-carte_1.jpg

 

La carte des treks de Jean Marc Souchon. Elle correspond à ce qu’auraient dû réaliser les "gourmands" de notre groupe. Les 6 autres devaient quitter les "gourmands" à Dharapani (à la jonction des deux treks Manaslu et Annapurnas) pour poursuivre le tour du Manaslu jusqu'à Bhulbhule, d'où nous devions repartir jusqu'à Kathmandu.

http://caminaire.files.wordpress.com/2013/06/manaslu-tsum-annapurnas_mardi_himal.jpg

Il suffit de cliquer sur la carte pour visualiser le détail des treks tels que prévus initialement.

 

Pour compléter, voici les programmes prévus ci-dessous, au format .pdf:

- Tsum et Manaslu pour le groupe de 6  1300477.pdf

- Tsum, Manaslu et Annapurnas pour les "gourmands"  1300478.pdf

 

- MAIS…..

Dans la réalité, nous avons bien réalisé le programme jusqu’à Samdo mais comme je l’ai déjà écrit, le blizzard du 14 octobre nous a contraint à rebrousser chemin. Nous avons ainsi tous redescendu la vallée de la Bouddhi Gandaki jusqu’à Arughat Bazar, puis traversé la zone de collines d’Arughat jusqu’à Gorkha. C’est de Gorkha que nous avons repris un bus pour Kathmandu avec seulement un jour d’avance sur le programme initialement prévu. Les « gourmands » sont descendu également à Arughat Bazar, mais sont repartis de là en bus vers Besi Sahar et Bhulbhule pour retrouver le chemin du tour des Annapurnas.

 

 

PS : je souhaite également faire une place ici au blog d’un grand connaisseur du Népal, Monsieur Bernard Perrier. Il va avoir 87 ans le 25 février 2015. Il avait fait son premier trek en 2003, presque par hasard. Sa famille lui avait offert un trek au Népal pour l’anniversaire de ses 75 ans. Depuis, il y est retourné 2, 3, voire 4 fois par an. C’est bien la preuve que ce pays crée des addictions graves… Les reportages de la plupart de ses treks (ils sont remarquables) se trouvent à l’adresse :

http://lesmontagnesdebernard.eu/nepal/infos_nepal.html

 

PPS : Un échange de mails avec Bernard Perrier m’a redonné du moral après les tensions vécues au sein du groupe.

Echange de mails avec Bernard Perrier

 


2- Le départ, l'arrivèe et Kathmandu et les 3 premiers jours au Népal

Publié le 18/11/2014 à 18:44 dans Le sejour, Katmandou
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Jeudi 25 septembre
Départ du Mans oú Marie m'a conduit, pour un train à 7h33, avec une arrivée  à l'heure à Roissy, à 9h11.
Je retrouve très rapidement les 3 Vosgiens ( Bernadette, Daniel et Claude), Monique et Marie Odile. Puis c'est le tour des "gourmands" de se joindre à nous. Vers 10h30, nous accompagnons Les Vosgiens à l'embarquement, car ils partent par l'avion de la Turkish de 11h25. Nous avons tué le temps comme nous pouvions jusqu'à l'embarquement du vol de 14h55 (théoriquement ) mais en théorie seulement... 
L'avion en provenance d'Istanbul est en retard. C'est avec une heure et demie de retard que nous décollons de Roissy. A ce moment, nous sommes pratiquement sûrs de louper notre correspondance à Istanbul. Nous atterrissons 20 min avant l'heure théorique de décollage. Nous sommes prévenus à bord que le vol  TK 726 aurait une heure de retard au décollage. C'est une course poursuite qui s'engage. Bus pour rejoindre l'aéroport, cavalcade dans les couloirs pour arriver à l'enregistrement en transit. 
Nous passons 15 à 20 mn sur le sol turc! Nous retrouvons les Vosgiens (arrivés plus tôt) dans l’avion. Seuls Bernadette et Claude sont ensemble. Nous sommes dispersés dans la queue de l'avion. Je me trouve à côté d'une jeune Belge qui revient au Népal 15 jours après en être partie, son contrat auprès d'une ONG étant annulé à Madagascar. Après le dîner je dors rapidement et le vol me paraît plutôt court.
 
Vendredi 26 septembre
La dernière demi heure du vol est tout aussi magique qu'en 2012. Nous avons passé en revue tous les sommets depuis le Daulaghiri jusqu'au Ganesh Himal et au Langtang Lirung.
 
 
 
 
 
A gauche l'Annapurna III (7555m).
Au milieu, à gauche de la crête l'Annapurna IV (7525m) et à droite de la crête, l'Annapurna II ( 7939m).
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Nous sommes arrivés à 6h30 à Tribhuvan Airport. L'anticipation du remplissage des papiers de demande de visa dans l'avion, nous a permis de passer dans les tous premiers aux guichets des visas. Cela n'a pas changé depuis 2012: ce sont trois personnes qui délivrent chaque visa. C'est un peu plus long, mais ça crée de l'emploi...  Par ailleurs, la très grande majorité des demandes de visas, le sont pour plus d'un mois. Les guichets "moins de 15 jours" et " 15 à 30 jours" restent sans clients la plupart du temps!!!
 
Dorjé et Manik nous accueillent à l'aéroport de Kathmandu
 
 
 
 
Dorjé et Manik nous accueillent à l'aéroport de Kathmandu 
 
 
De gauche à droite: Dominique, Martine, Bernadette, Daniel, François, MarieO devant Claude, Françoise, Dorjé, Monique et Manik.
 
 
 
 
 
 
 
Nous nous sommes tranquillement installés à Benchen avant d'aller commander notre repas à la "fine grains bakery". Nous avons fait le tour de la colline de Swayambunath avant de prendre notre repas, avec visite aux trois bouddhas. L'accueil à la bakery est toujours aussi chaleureux. Dorje nous annonce que nous partagerons notre bus avec deux Allemands , leur guide et leur porteur. Ils nous accompagneront sur la Tsum avant de redescendre à Arughat. Ce sont Evelyne et Lutz Lefèvre qui habitent dans la forêt noire. L'après midi a été bien rempli par la visite du haut de la colline de Swayambunath, par un aller retour à Thamel entre autre pour changer du cash. La prise de contact avec KTM a surpris les Vosgiens et Martine, qui ne connaissaient pas. Retour à Benchen pour le dîner.
Impossible de passer un mail au monastère de Benchen. L’internet ne fonctionne pas.
 
Samedi 27 septembre
Nous partons pour Thamel vers 8h, avec Manik pour aller chercher des duvets et un sac pour les Vosgiens. La négociation a été longue, très longue. Les Belmontais et moi avons erré dans Thamel en attendant. 
C'est à la bakery de Pumpernickel que nous sommes allés nous restaurer avant de nous diriger vers Durbar Square. Nous avons fait l'économie de 800 roupies chacun, car c'était gratuit grâce à la journée du tourisme. Toutefois, plusieurs guides nous ont assailli, pour nous faire visiter le quartier. Nous avons pu profiter de danses ethniques sur une estrade dressée devant le palais de la Kumari.
Nous avons ensuite passé un long moment dans le Palais Royal, accessible lui aussi gratuitement. Nous sommes montés tout en haut de la pagode du palais, d'où nous avions une vue étendue sur la ville.
Nous sommes ensuite retournés à Benchen pour nous préparer à aller au restaurant où Dorjé nous a invité. Il s'agit d'un restaurant avec danses ethniques dans le même genre que celui d'il y a deux ans. Il s'agit cette fois-ci de l'Utsav Authentic Nepali Restaurant. Le repas est bon, mais nous ne voyons pas les danses car nous dinons dans un « cabinet privé »
C'est depuis le WIFI de ce restaurant que j'arrive enfin à envoyer un message aux enfants, donc à Marie.
Retour en taxi vers Benchen pour 300 roupies chacun des deux taxis empruntés.
Les sacs de trek ont été rapidement peaufinés avant l'extinction des feux.
 
Dimanche 28 septembre
Départ pour Baluwa à 7h40 avec un bus qui transporte tous les neuf, Dorjé, Ilam et Dipesh nos deux assistants guides et nos 7 porteurs. En plus nous sommes accompagnés de Lutz et Evelyne, les deux allemands francophones dont le guide a demandé de l'aide à Dorjé pour la Tsum, ainsi que leur porteur. Nous sommes donc 24 dans ce bus. Nous nous arrêterons volontairement pour prendre un petit déjeuner, puis un déjeuner au bord de la Trisuli. Nous nous sommes, entre les deux, arrêtés involontairement à cause d'un énorme embouteillage créé par plusieurs incidents techniques dans la descente du col après Kathmandu.
 
 
Notre projet: Passer où sont arrêts tous les véhicules, quelques 200 mètres plus bas. Il nous faudra pas mal de patience pour y arriver....
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Après le repas, le trajet se déroule sans encombre jusqu'à une heure environ sur la piste en terre de Baluwa. Le chauffeur réussit à surmonter plusieurs passages de boue, ce qui lui vaut d'être applaudi par les passagers. 
 
 
 
 
 
 
 
 
Les bus locaux, hauts sur pattes arrivent à passer, mais pas notre bus...
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Rien ne va plus lorsqu'un passage de boue interdit à notre car (trop bas sur pattes!!!) d'aller plus loin. Après de multiples tergiversations, il est décidé par Dorjé que les trekkeurs partiront à pied tant que le bus local n'aura pas vidé suffisamment de passagers. Les porteurs, eux, sont montés tout de suite dans le bus déjà surchargé avec les sacs de trek. Il est convenu que le car nous attendra dès que le bus sera suffisamment vidé... Nous avons ainsi marché plus d'une heure, pour atteindre le bus arrêté, à 16h environ.
En le voyant, nous nous demandions bien comment nous allions trouver une place. Eh bien si! Nous avons réussi à tous monter. Je me suis retrouvé à côté d'une jeune fille retournant chez elle pour les vacances. La piste détrempée par la mousson tardive allait continuer à nous délivrer des surprises. Nous avons eu de rares passages où le car roulait à 8 ou 10 km/h, mais beaucoup plus où il roulait à 1 ou 2 km/h. Les arrêts pour livrer les passagers furent parfois terriblement longs en raison des enchevêtrements dans le car et sur le toit, à cause de nos bagages. Nous avons bien attendu 20mn qu'une pelleteuse réussisse à colmater la route pour nous permettre de passer. Je ne ferai pas de commentaire sur le surplomb de la piste par rapport à la rivière de la Daraudi Khola. A l'arrivée, Daniel qui était au dernier rang du car, côté rivière, me confiait: " des situations comme ça, celà ne se raconte pas. Celà se vit seulement!!!"
 
En plus, nous ne sommes pas arrivés à Baluwa, mais à Chanauté, à 19h30. Le chauffeur ne voulait pas aller plus loin....Impossible d'arriver à Baluwa en raison de l'état de la piste et de la nuit. Cette impossibilité ne sera pas sans conséquence sur la journée du lendemain.
 
L'installation se fait dans un cadre disons..., précaire. Nous passons notre première nuit de trek dans une case " tôle sous tôle" comme on dit dans l'ile de la Réunion. Celà a été super sympa quand à minuit a éclaté un énorme orage de mousson. Cet orage a duré longtemps. Et pas question de dormir ni pendant, ni après... De plus des bestioles non identifiées ont fait la "course" sur la tôle du toit, à plusieurs reprises.
 

3- Tour du Manaslu 1 - De Chanauté à Lokpa

Publié le 18/11/2014 à 18:43 dans Le sejour, Katmandou
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Lundi 29 septembre
  • Chanauté ( 650m ) – Barpak ( 1950m  )
  • Départ de Chanaute à 7h40 -- Arrivée à Barpak à 17h30
  • Dénivelé positif : 1480 mètres -- Dénivelé négatif : 290 mètres
Pour une première journée, c'est une première journée... 10 heures sur le chemin, et presque 8 heures de marche !!!
D'abord, le fait de s'être arrêtés hier soir à Chanauté au lieu de Baluwa a fait que nous avons crapahuté deux heures pour atteindre Baluwa ce matin. Pas difficile, mais deux heures tout de même! Les paysages de la vallée de la Daraudi Khola sont superbes, avec des terrasses de cultures de riz à la couleur verte presque irréelle. En plus du surplus de marche, le sommeil avait été plutôt court et de mauvaise qualité.
Nous avons pris le repas à Ramlung, avant d'entamer la grande montée : des marches, toujours des marches, irrégulières, usantes.
Je n'ai pas compté le nombre de marches, mais c'est impressionnant . A peu près à mi-pente, nous nous sommes arrêtés à Mandré. C’est notre premier arrêt-thé du séjour.
Pendant toute la montée, nous dominons la vallée de la Rangrung Khola, avec des cultures en terrasse qui s’étagent de l’autre côté.
Au fil des heures, j’en bavais de plus en plus. Pour la première fois, on m'a porté  mon sac... Je n'en pouvais plus dans les 300 derniers mètres vers Barpak essentiellement au niveau du souffle.
Notre deuxième hébergement est lui tout à fait correct. Il se situe dans le haut du village, tout près du début du chemin pour Laprak.
En l'honneur de notre première journée de trek, Martine avait amené une  bouteille de Jasnière à laquelle nous avons jeté un sort, ainsi qu’à un saucisson sec. Il faudra attendre longtemps avant de revoir et l’un, et l’autre.
Personne n'a cherché à en faire plus, ce soir. La journée se suffisait à elle-même!
 
Mardi 30 septembre
  • Barpak ( 1950m  ) – Laprak (  2250m )
  • Départ à 7h35 de Barpak -- Arrivée à 14h à Laprak
  • Dénivelé positif 1050 mètres -- Dénivelé négatif 850 mètres.
 
 
 
 
Avant de démarrer, le matin, nous avons une petite récompense avant d'y avoir droit: le Bouddha Himal pointe son nez.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Le matin, on commence tout de suite par monter, et comme d'habitude en pays Gurung, ce sont des marches qui nous attendent. Barpak possède un terrain de football auprès duquel nous passons quelques minutes après notre départ. Ce terrain est déjà occupé par une bonne partie des jeunes du village qui, malgré l’heure précoce, ont déjà entamé une partie de football. Belles vues sur Barpak depuis les hauteurs.
 
 
 
 
Belles vues également sur le village de Pokhari et ses superbes terrasses cultivées, de l'autre côté de la Rangrung Khola.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Ensuite, plat népalais tout le gros de la journée, jusqu'à atteindre le col qui nous permet de descendre vers Laprak. Il faut que j'explique ce terme de plat népalais: celà veut dire que l'on ne prend pas forcément beaucoup d'altitude au bout de la journée, mais que l'on n'arrête pas de monter et de descendre. Les dénivelés positifs et négatifs peuvent être ainsi tout à fait conséquents, même pour un différentiel minime entre les altitudes de départ et d’arrivée.
Les photographies de paysages ont été limitées durant la journée, car le temps a été rapidement nuageux dès le milieu de la matinée. Une fois arrivés au col par un sentier, nous avons emprunté la piste qui relie Barpak et Laprak. Celle-ci est tellement ravinée par endroits qu’elle est inutilisable, même par des 4X4.
Notre lodge se situe dans la partie haute du village, du côté où nous sommes arrivés, juste après la porte de bienvenue du village.
Le déjeuner s'était déroulé en "picnic" un peu en dessous du col, côté Laprak.
On arrive très tôt à Laprak malgré des dénivelé respectables, ce qui nous donne le temps de descendre dans le village : 140 mètres positifs et négatifs (déjà comptabilisés).
Quel plaisir de rencontrer des enfants qui nous salue d'un sonore "namaste", alors que lors du balcon des Annapurnas en 2012, les gosses réclamaient "chocolate" ou encore voulaient nous rançonner.
Le village est beau.
 
 
Les gens, qui ne voient pas souvent des touristes nous saluent et se laissent photographier.
 
La tisserande n'échappe pas à ce constat.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Ce sont deux coups de tonnerre qui nous font remonter au lodge un peu précipitamment. Le logement est correct ce soir.
 
Mercredi 1er Octobre
  • Laprak (  2250m ) – Korlabesi (  980m )
  • Départ de Laprak à 7h25 -- Arrivée à Korlabesi à 15h40
  • Dénivelé positif  630 mètres -- Dénivelé négatif: 1830 Mètres
La descente jusqu'au torrent s'est faite par des escaliers parfois un peu hauts entrecoupés de replats sur des terrasses. Un nouveau pont de singe est facile à traverser.
Au passage dans le village, nous avons assisté à "l'assassinat" de 3 buffles qui ne verront pas les fêtes de Dashin, l'an prochain.
La remontée, après le torrent est assez casse-pattes, mais surtout ne doit pas être empruntée par des personnes sujettes au vertige (Sentier très étroit et beaucoup de gaz du côté droit). De plus, la végétation très importante et plutôt herbacée haute cache l'à pic. Ce sentier en balcon nous fait dominer les terrasses cultivées des deux côtés de la vallée de la Macha Khola.
 
 
 
En l'absence de lodge sur le parcours de la journée, ce sera donc un picnic. Le grand Claude n'aura hélas pas sa double ration de Dal Bath ce midi...
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Avant de commencer à descendre, nous apercevons quelques 200 mètres au dessus de nous le village de Singla qui se situe sur le fait de la colline. La descente vers Korlabesi est très glissante, et tout particulièrement aujourd'hui en raison de l’humidité et de la pluie. Le chemin est en terre et nous en viendrions presque à regretter les marches des jours précédents… Enfin, bonne forme recommandée en raison des dénivelés négatifs et surtout de la longueur de l'étape.
Nous avons tous faits des dérapages plus ou moins contrôlés dans la dernière partie de la descente pendant une petite pluie traîtresse, certains jusqu'à la chute. Autre preuve de l'humidité ambiante, nous sommes trois à avoir attrapé des sangsues aujourd'hui (et quelqu'un d'autre hier) alors qu'aucun des trois de 2012 n'en avait attrapé cette année là, en  35 jours de montagne.
Avant d’atteindre Korla Besi, nous avons traversé le village de Korla qui domine la vallée de la Buddhi Gandaki. Petit lexique : Besi veut dire village du bas, tout comme Thulo veut dire village du dessus ou du haut. 
Ces trois premiers jours, difficiles, ont été bien gérés par l'ensemble du groupe, alors qu'il a été noté un abandon dans un groupe de neuf jeunes français.
Dans notre lodge, il y avait un groupe de 4 français. L'une d'entre eux voyageait très léger. Elle portait des strings et des nuisettes vaporeuses... 
Côté pratique, il ne faut pas chercher de la bière fraîche au lodge, mais il y en a "en ville".
 
Jeudi 2 octobre
  • Korlabesi (  980m ) – Jagat ( 1340m )
  • Départ de Korla Besi à 7h35 -- Arrivée à Jagat à 15h15
  • Dénivelé positif 830 mètres -- Dénivelé négatif 415 mètres
Le paysage de cette journée est complètement différent des jours précédents. Nous dominions la situation durant les 3 jours. Aujourd'hui, nous sommes à fond de cale!!! Pendant toute la journée, nous avons marché en fond de vallée, auprès de la Bouddhi Gandaki. Nous avons levé le nez pour voir les falaises, au lieu de le baisser pour voir les vallées.
 
 
 
 
 
 
La rivière est magnifique, avec de gros pavés colorés et polis, tombés des falaises qui jalonnent son parcours. Les gorges sont parfois étroites, mais surtout avec des parois qui nous rendent minuscules. La présence de l'eau est permanente.
 
 
 
 
 
Les chutes d'eau sont impressionnantes de hauteur et de puissance. Des murs végétalisés tapissent les falaises.
Il y a même de l’eau chaude, environ une heure après notre départ dans le village de Tatopani le bien nommé. Tatopani veut dire eau chaude en Népali.
Même si nous avons pu observer quelques beaux paysages, cette journée fut beaucoup plus monotone que les précédentes. Une petite distraction fut de passer d’un côté à l’autre de la rivière à plusieurs reprises sur des ponts de singe.
Par ailleurs, la fréquentation du chemin est multipliée par X. La population fait du commerce et les enfants ne nous saluent plus... La civilisation et les occidentaux sont passés par là!
Nous sommes hébergés ce soir dans un lodge, un peu avant Jagat, sous une impressionnante falaise, dans une des rares zones plates que nous ayons rencontrées.
Quelques jours plus tard, c'est Étienne mon fils qui nous apprendra qu'un français de 67 ans avait disparu sur ce tronçon de sentier, en tombant dans la Bouddhi Gandaki, et pour y disparaître. Vous imaginez l'émotion suscitée dans la famille. Ils savaient que c’était là que je devais passer, j'étais français, j’appartenait à un groupe de neuf personnes et j'avais le "bon âge"...
 
Vendredi 3 octobre
  • Jagat ( 1340m ) – Lokpa ( 1830m )
  • Départ de Jagat à 7h45 -- Arrivée à Lokpa à 15h30
  • Dénivelé positif 920 mètres -- Dénivelé négatif 325 mètres
Encore différent des autres jours... Pendant une bonne partie de la matinée nous cheminons le long de la rivière du côté gauche en remontant. C'est du plat népalais dans toute sa splendeur! Montées et descentes alternent sans arrêt. 
Ensuite nous traversons un long pont de singe qui nous amène juste en dessous de Phillim. C'est là que nous déjeunons et aussi, que je trouve une connection WIFI, la première du trek. Ce sera probablement aussi la dernière avant longtemps. Nous sommes désormais sur la rive la plus exposée au soleil de l'après midi. Et le plat népalais se poursuit...
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Le sentier en balcon que nous suivons depuis Phillim nous fait surplomber la rivière, sur l’autre rive. Nous traversons plusieurs hameaux et nous en observons d’autres de l’autre côté de la Bouddhi Gandaki.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Puis, nous quittons au bout d'un long moment le chemin du tour du Manaslu, pour emprunter le chemin de la vallée de Tsum, et ça monte...  C’est un autre torrent que nous suivons désormais, la Shear Khola. Enfin quelques 30 minutes avant d'arriver à Lokpa la pente se fait plus raisonnable, voire à plat. Pratiquement toute cette partie du sentier, jusqu’à Lokpa se fait sous le couvert d’une belle forêt tropicale.
Le lodge où nous dormons est neuf, mais les toilettes et la douche sont hors de service, car l'eau n'y arrive pas. Le lieu des repas est noir de couleur, sombre d'éclairage et plutôt sale. On en verra d’autres… On sent, en plus qu'ils sont débordés par la fréquentation non négligeable du lieu. Essentiellement Français, Russes et Allemands occupent les lieux ce soir là.
Ce que nous notons pour la première fois et nous le saurons plus tard pas pour la dernière, les Russes ne sont pas partageurs voire plutôt envahissants.
 

4- Vallée de Tsum - De Lokpa à Mu Gompa, puis redescente à Nyak Phedi

Publié le 18/11/2014 à 18:42 dans Le sejour, Katmandou
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Samedi 4 octobre
  • Lokpa ( 1830m ) – Chumling ( 2260m )
  • Départ de Lokpa à 7h15 -- Arrivée à Chumling à 11h05
  • Dénivelé positif 750 mètres + 80 mètres (monastère) -- Dénivelé négatif 400 mètres + 80 mètres (monastère)
Il s’agit d’une petite étape, car les hébergements ne sont pas nombreux dans cette basse vallée de la Tsum et nous contraindraient à faire de gros dénivelés si nous allions jusqu’à l’hébergement suivant.
Les montagnes enneigées se dévoilent: Buddha Himal à l'ouest, Ganesh Himal au sud, Sringhi Himal au nord et Kipu Himal, à l'est, droit devant. Magique!!!
Pour compléter, nous traversons jusqu'à 10h une forêt tropicale humide superbe, dans l'ombre. Des villages apparaissent ensuite de l'autre côté de la rivière. Ils sont entourés de terrasses rouges, jaunes ou vertes, suivant les cultures.
Arrivée très tôt au lodge. Nous y retrouvons à peu près la même clientèle que la veille, ce qui n'est pas étonnant car comme je l’ai déjà dit, aucun autre lodge n'existe à moins d'une demi journée de marche. Tout aussi débordés, ils semblent toutefois un peu mieux organisés que la veille. 
Une jeune femme, peut-être la femme du propriétaire, n'a pas arrêté de travailler, porter des charges, etc... Elle avait l'air de porter sur les épaules toute la misère du monde. En plus nous avons observé de la part de touristes des gestes indécents, par exemple de se laver les mains dans le filet d'eau alors qu'elle était en train de remplir son pot.
Les prix avaient déjà pris un coup de hausse à Jagat. Là, ça double pratiquement par rapport à Barpak ou Laprak. Commentaire de Dorjé: "c'est comme à Chamonix, plus on monte, plus c'est cher". Il a pas tort, mais ici ça se comprend car c'est à dos d'homme que se font les livraisons, et c'est déjà très loin de la dernière route, à Arughat Bazar. Les mules ont toutefois fait leur apparition, mais surtout sur le chemin du Manaslu.
Après le repas nous montons à un ancien monastère où nous trouvons une vieille dame en train de tourner un gros moulin à prière et qui ne le lâchera pas, tout le temps où nous serons sur place...
 
 
 
 
Le petit monastère est agrémenté d'une dizaine de Chortens très anciens et de pierres gravées de mantras et de représentations du Bouddha. Sur cette pierre, vous remarquerez que chaque gravure a des positions des bras différentes. Chacune de ces position a une signification sacrée.
 
 
 
 
 
 
Pour redescendre, nous traversons les champs d'amarante rouge, jaune ou verte. Magnifique! Dans l'album photo de cette région, je n'ai pas pu m'empêcher de multiplier les clichés.
 
 
Dimanche 5 octobre
  • Chumling ( 2260m ) – Chokang Paro ( 3010m ) 
  • Départ de Chumling à 7h30 -- Arrivée à Chokang Paro à 11h50 
  • Dénivelé positif 920 mètres -- Dénivelé négatif 160 mètres
Au lever, grosse déception. Les nuages recouvrent toutes les montagnes. Au lever du soleil, petit à petit, les nuages disparaissent pour dévoiler les sommets déjà cités hier. Nous n'avions pas eu un coucher de soleil extraordinaire. Nous n'avons pas mieux ce matin. 
Toute la première partie du trajet se fait dans une forêt peu dense, suivant le schéma d'un "plat" népalais peu intense. Les sommets nous accompagnent, se dévoilant tour à tour.
 
 
 
 
 
 
 
Contrairement aux treks du Langtang, du Gosaïkund et de l'Hélambu ainsi que du balcon des Annapurnas, la flore est relativement pauvre dans cette région. Cette petite plante grimpante est un Codonopsis grey-Wilsonii.
 
 
 
 
 
Ensuite, c'est une montée assez régulière de 800 mètres environ. Comme à l'habitude, je peine dès que la pente devient plus raide. Je reste ainsi avec mon ange gardien Dipesh, qui s'arrête quand je m'arrête et repart quand je repars.
Il fait chaud malgré les 3000 mètres que nous atteignons presque.
Au dernier arrêt commun avec les collègues, j'ai demandé à Dorjé où se situait le prochain bistrot pour acheter un coca.
Arrivé au sommet du col qui permet d'accéder au village, j'ai la surprise de trouver Prakash, un de nos porteurs, avec une canette de coca à la main. C'était Dorjé qui l'avait chargé de ce geste salvateur... Lors d’un de nos arrêts, Dipesh et moi, nous avons observé l’évolution dans le ciel de plusieurs grands aigles. Nous sommes restés un grand moment à essayer de les photographier, mais ils étaient soit trop haut, soit ils passaient trop vite juste au dessus de nous. 
Les chambres du lodge ont été construites dans la cours d’une ferme et le reste de la maison servait à la restauration.
Notre repas s'est déroulé dans une authentique salle à manger tibétaine, avec tous les outils qui vont avec ainsi que des images du Dalaï Lama. La chose la plus surprenante que nous y trouvons, ce sont des sacs en cuir de yak, qui nous ont intrigué jusqu’à ce que nous apprenions qu’ils contenaient du beurre de nak… Ils sont entreposés dans la cuisine et attendent plusieurs années avant d’être utilisés. On nous a dit que l’un d’entre eux datait d’environ 10 ans. C’est pour confectionner le thé tibétain au beurre de nak rance. On comprend pourquoi il est rance, le beurre !!!… C’est bien nak que vous avez vu écrit et non pas yak. La nak est la femelle du yak et c’est bien elle qui produit le lait et le beurre !
Autre originalité de ce lodge, la douche-WC-point d’eau-lavabo était munie d’un petit fenestron qui donnait sur l’arrivée du lodge. Cela aurait pu être gênant que l’on puisse regarder à l’intérieur par ce fenestron. C’était sans compter avec l’imagination népalaise. Ce fenestron avait été occulté par une radio de scanner de la face !!!
Notre chambre, Daniel et moi, fait approximativement 5 mètres carrés. Il y a heureusement des prises d'air un peu partout, ce qui devrait nous éviter de mourrir asphyxiés!!!
 
 
Lundi 6 octobre
  • Chokang Paro ( 3010m )  - Nilé ( 3360m )
  • Départ de Chokang Paro à 7h35 -- Arrivée à Nile à 15h
  • Dénivelé positif 470 mètres -- Dénivelé négatif 215 mètres
La nuit n'a pas été bonne pour tout le monde. L'altitude en a vraisemblablement été à l'origine. Pourtant les chiens n'ont pas donné de la voix cette nuit.
Le premier arrêt a été pour visiter un petit monastère du village d'à côté.
Il y a eu ensuite une petite montée, avant que la pente ne devienne douce. Ce sera le cas toute la journée. La seule exception est la montée à l'ermitage de Milarepa. Ceci s'est fait après avoir posé les sacs au lodge où nous devons manger le midi.
Après un très bon dhal-bat, nous reprenons le chemin, mais nous sommes vite arrêtés par les jeunes femmes que nous avions photographiées pendant leur travail du battage du blé.
Nous avions eu l'attention attirée par un bruit de moteur et une intense activité dans une courette d'où partaient comme des fusées des jeunes femmes chargées de hottes remplies soit de blé, soit de balles de blé. Elles allaient rejoindre pour les premières les greniers à blé communautaires, pour les deuxièmes leurs propres maisons. D'autres encore, arrivaient avec des hottes d'épis de blé coupés à ras. Dans la courette était installée une machine à battre rudimentaire, mais ultra-rapide, à moteur thermique, qui forçait les ouvrières et ouvriers à travailler à son rythme et non au leur. Vive le modernisme !!!
Nous avons eu l'impression d'un peuple courageux et gai, tout au long de cette journée. Le matin, les porteurs et Dorjé étaient allés chahuter les jeunes femmes d'un peu près. L'après midi après le repas, un excellent dal bhat, nous allions repartir quand un groupe de filles a "agressé" Dorjé, l'empêchant de passer, jusqu'à rouler par terre. Fou-rire et bousculades ont duré un bon moment.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Cette jeune beauté locale, bien qu'ayant facilement et gentiment accepté la photo, détourne le regard et croque son pendentif. Finalement, c'est très joli comme ça!
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Nous avons traversé ensuite plusieurs villages superbes certains avec de petits gompas. Pendant tout ce temps, la pente est restée douce voire inexistante.
Nous avons suivi ou emprunté entre les villages une piste en construction payée par les chinois... En fait les habitants l’utilisent très peu et la laisse sans entretien...
Ce soir, les chambrées sont modifiées. Nous avons 3 chambres. Je partage une grande chambre avec Françoise et Dominique.
Nous sommes encore hébergés chez l’habitant et nous prenons notre repas du soir dans une nouvelle salle à manger tibétaine.
 
Mardi 7 octobre
  • Nilé ( 3360m ) – Mu Gompa ( 3650m )
  • Départ de Nilé à 7h35 – Arrivée à Mu Gompa à 11H
  • Dénivelé positif : 500 mètres et 200 mètres l'AM -- Dénivelé négatif :140 mètres et 200 mètres l'AM
Première étape pour aller de Nilé au petit monastère au dessus de Chulé. Ce monastère très ancien n'est pas restauré et n'est occupé que par une seule nonne. Au dessus du monastère, dans la pente, nous observons notre premier singe à face blanche.
 
 
 
Non, vous ne verrez pas le singe qui est un peu flou!
 
Depuis le bevédère du monastère, on voit vers le nord notre chemin pour la journée. Devant la montagne couverte de nuages, l'épaulement qui barre le fond de la vallée porte le monastère de Mu Gompa (destination du jour) et les chortens ( destination de demain matin).
 
 
 
 
C'est vers 8h45 que le départ effectif est donné vers Mu Gompa. Nous mettrons 2h15 pour l'atteindre, à 11h. C’est volontairement que nous limitons notre gain d’altitude journalier, dans le but d’une bonne acclimatation.
Le spectacle de la matinée se déroule essentiellement dans notre dos, avec le massif des Ganesh qui bouche complètement le fond de la vallée vers le sud.
Ilam a réussi à obtenir des chambres dans le monastère, en partant très tôt de Nilé. Dès notre arrivée, nous prenons possession des chambres. Ce sont des chambres de moines, désormais inoccupées. Nous avons bénéficié Bernadette, Claude, Daniel et moi de deux chambres contigües, sans porte entre les deux. Nous avons une situation de vigie sur la vallée, jusqu'aux deux villages de ce matin. Il y a un vent extrêmement violent qui remonte la vallée et il est glacé. La vue s'étend sur les Ganesh, le Churken Himal, le Kipu Himal et de l'autre côté de la vallée le Taya Himal.
Le repas se déroule dans une salle du monastère. Devinez: ce fut un Dal bath!
Avec le froid, j'ai fait un syndrome de Raynaud important. Je décide de ne pas accompagner les autres au monastère des nonnes de Dhephu Dhoma qui se trouve environ 200 mètres au dessus de Mu Oompa.
Après le retour du groupe, nous sommes allés à la " Puja" de l'après midi qui a duré près de 2 heures. Les moines rigolaient parfois, s'interpelaient, regardaient par la porte, me faisaient un sourire, comme j’étais assis à côté d’eux, etc... Donc sentiment mitijé sur la puja!
Dîner plus tard que prévu car le petit moine cuisinier semblait un peu dépassé par les événements... Des nouilles , pour changer, nous sont servies.
C’est rapidement qu’après le repas nous nous sommes glissé dans nos duvets. La température n’incitait pas à faire autre chose.
 

Mercredi 8 octobre

  • Mu Gompa ( 3650m ) – Lamagaon ( 3250m )
  • Partis de Mu Gompa à 7h 35 -- Aller-retour au lac -- Retour à Mu Gompa à 10h15 -- Départ de Mu Gompa à 10h45 -- Arrivée à 15h40 à Lamagaon, après un arrêt à Nilé pour le déjeuner.
  • Dénivellé positif 625 mètres le matin et 120 mètres l'AM -- Dénivelé négatif 625 mètres le matin et 555 mètres l'AM
A quatre dans la chambrée, nous n'avons finalement pas eu froid, mais, la nuit a été assez moyenne pour la plupart des membres du groupe. Tout le monde décidé de monter au lac au dessus des chortens qui dominent Mu Gompa. La montée s'effectue rapidement, mais à partir des chortens, les arrêts-photos ont été nombreux. Le paysage est absolument grandiose et magnifique. Nous avons vu de nombreux animaux sauvages, comme des lagopèdes, des aigles et au bord du petit lac qui était un des buts de notre ballade, toute une colonie de marmottes. Nous avons atteint au lac l'altitude de 4200 mètres.
Tous les sommets que nous avions déjà observés la veille, comme le Ganesh Himal, le Churken Himal, le Kipu Himal et le Taya Himal nous apparaissent encore plus dégagés et majestueux que la veille, du haut de notre belvédaire. 
Depuis Mu Gompa, la descente jusqu'à Nilé se fait rapidement jusqu'au moment où nous arrivons derrière une caravane de mules que nous doublons facilement. Par contre un peu plus bas, ce sont des yaks qui encombrent le chemin. Nous rencontrerons trois troupeaux d'ici à Nilé. Les "yak-men" n’étaient pas forcément ravis de la présence de trekkeurs qui effrayaient leurs troupeaux. Des jets de pierres ont été reçus par plusieurs d'entre nous.... La destination de ces pierres pouvait aussi bien être les yaks que nous (????). Les mots proférés ont été difficiles à interpréter!!! En fait, nous avons assisté à la descente d'estive des yaks de la haute vallée de Tsum.
Après Nilé nous reprenons notre marche jusqu'à Rachen Gompa, monastère de nonnes, au nombre de 80. Nous avons cheminé sur un autre chemin qu’à la montée, de l’autre côté du torrent. Les paysages s’en trouve différents et cela a évité toute monotonie. Rachen Gompa est un monastère neuf, qui manque de charme. L'ancien toujours visitable comporte des dessins très anciens et un très gros moulin à prière. Vingt minutes plus tard nous étions à Lamagaon avec ses ruelles boueuses, en ayant traversé une nouvelle fois la . Par contre nous n'avons pas vu les jeunes femmes si rigolotes de notre passage à l'aller. C'est le lodge où l'on avait déjeuné le jour où nous avions visité la grotte de Milarepa, qui nous accueille le soir. Notre chambre est un hôtel des courants d’air. Avant de nous coucher, nous avons fait du colmatage des fentes entre les lattes de bois.
 
Jeudi 9 octobre
  • Lamagaon ( 3250m ) - Gompa Lungdang ( 3200m )
  • Départ 7h20 de Lamagaon -- Arrivée 15h à Gompa Lungdang
  • Dénivelé positif 1020 mètres -- Dénivelé négatif 875 mètres
D'abord à plat ou presque, entre Lamagaon et Chokang Paro, notre chemin va ensuite reprendre la pente que nous avions montée entre Chokang Paro et Gho. Ce fut plus facile à descendre qu’à monter ! C'est dans ce hameau de Gho que nous quittons notre trajet de l'aller, pour rejoindre en quelques minutes le village de Dumje. Pour ce faire, nous avons retraversé le torrent de la Shear Khola. Le point central du hameau est une petite nonerie-dispensaire-lodge où nous nous arrêtons prendre un thé. Le repas de midi, succinct, a été pris 200 mètres au dessus de Dumjé, sous une roche. Il faut toutefois noter que le deuxième et dernier saucisson de Martine a amélioré notablement l'ordinaire de chapatis au miel et de petits morceaux de fromage.
Les 200 mètres au dessus de Dumjé déjà gravis, étaient dur, mais la suite n'allait pas le démentir... Les 500 mètres suivants passaient une deuxième lame de sape. Une demi-heure en balcon pouvait faire espérer une grâce... Les 150 mètres de dénivelé suivants allaient passer la troisième lame.
J'arrivais dernier ( celà devient une habitude) à 15h environ, presque environ 20 mn après les premiers. 
 
 
 
 
 
Le monastère de Gumpa Lungdang compte environ une douzaine de nonnes.
 
Elles acceptent volontiers les photos. Je vous ai choisi la plus jolie!
 
 
 
 
 
 
 
 
Dorjé nous sauva de la détresse en nous confectionnant une soupe aux nouilles dès l'arrivée au Gompa. En effet une petite pluie fine commençait à tomber, ce qui n'était vraiment pas sympa car cette nuit, c'est nuit sous tente!!! Pas de solution de repli, nous prenons la soupe dehors sous le crachin. Bien sûr, en corollaire de la pluie, aucune vue sur les sommets n'était possible.
Autre problème, le groupe de Russes déjà rencontrés à plusieurs reprises, avaient pris toutes les meilleures places pour leurs toiles. En plus ils n'étaient pas très partageurs concernant les bancs rustiques fabriqués par les nonnes.
Je me réfugiais sous la tente pendant que mes collègues allaient assister à la Puja ( prière) du soir. Je le regrette maintenant car ils ont été enthousiastes pour m'en parler. Les psalmodies et les chants des nonnes avaient, paraît-il, quelque chose de magique.
Une soupe à l'oignon et des spaghettis ont été pris à 18h et n'ayant rien d'autre à faire, la nuit étant tombée (mais aussi la pluie...), nous nous sommes couchés à 19h. Record battu.
 
 
Vendredi 10 octobre
  • Gompa Lungdang ( 3200m ) – Ripchet ( 2470m )
  • Départ Gompa Lungdang 8h10 -- Arrivée Ripchet 13h15
  • Dénivelé positif 320 mètres -- Dénivelé négatif 1075 mètres
Le petit déjeuner s'est déroulé comme le diner, dehors. Il faisait frisquet, mais le panorama bien dégagé faisait oublier le froid. Tout le massif des Ganesh était à portée de main. Bon, ou presque!!! MAGNIFIQUE! Rendez-vous pour les photos sur l'album du secteur...
 
Le départ du Gompa, pour diverses raisons s'est fait par grappes. J'ai choisi de partir seul, mais accompagné de mon ange-gardien Dipesh, pour faire des photos du paysage, et également des fleurs. Ce que j'avais tant peiné à monter la veille a été descendu les doigts dans le nez.... J’ai profité de cette descente pour photographier une flore assez abondante à laquelle je ne m’étais pas intéressée la veille, en raison de mes difficultés à monter. C’est un des rares endroits du trek à offrir une flore intéressante.
Nous avons observé la vie de la petite nonerie-dispensaire-lodge, à laquelle nous avons ajouté la fonction d'école!!!
Trois jeunes anglaises donnaient un cours quand je me suis approché pour faire une photo. L'une d'entre elles comprenant que j'étais Français m'a demandé si je connaissais "Alouette", les enfants connaissant le refrain. J'ai dit que non, mais que quelqu'un de mon groupe se ferait un plaisir de la chanter. J'ai annoncé Monique: "ladies and gentlemen...." Les gosses, pour la plupart des moinillons, étaient ravis.
Nous avons mangé un dhal bhat sous un auvent, au premier étage, assis sur des chaises, car l'usage de la table n'est pas arrivé jusqu'à Dumjé!
Après ce repas, nous sommes repartis pour Ripchet, en longeant la rivière, de plus en plus haut, avec un effet de sentier en "plat Népalais".
 
 
 
 
 
 
 
L'arrivée à Ripchet ressemble à s'y méprendre à la fin de la montée de la veille. Il n'y a qu'une lame..., mais elle est de qualité! 80 à 100 mètres super raide. 
 
 
 
 
 
 
 
 
Le village est regroupé sur un plateau, très serré, avec des ruelles très étroites, souvent protégées par des "toits".
Tout le monde est passé à la fontaine toute proche pour la lessive et la toilette. La toilette en petite tenue a créé un peu d'émoi dans le village!!! Le chef du village est venu en faire la remarque à Dorjé. Celui-ci nous a retransmis cela lors du repas. C’était la première fois que je voyais Dorjé exprimer autre chose que de la bonne humeur…
Comme à l'habitude, il y a un monastère à aller visiter. Il est très ancien, mais fermé.... Celà limite notre visite.
Nous avons observé dans ce lodge dont les chambres sont toutes neuves et que la nonne avait enseigné à Dorjé, la vie chez l'habitant, avec quelques surprises. Par exemple, l'évacuation d'eau se fait au niveau du seuil de la porte d'entrée, ce qui crée une superbe patouille! Également, ils ont créé un réfectoire sous un auvent, au premier étage. Bonne idée. Le problème est que la cuisine "en échappement libre" envoie sa fumée au travers des planches disjointes du plancher rendant le repas impossible!!! En plus, ma lessive du jour aura une bonne odeur de fumée.
On aura évité malgré tout une nuit sous tente avec ses inconvénients.
 
Samedi 11 octobre
  • Ripchet ( 2470m ) – Niak Phedi ( 1620m )
  • Départ à 7h45 de Ripchet -- Arrivée à Niak Phedi à 15h15
  • Dénivelé positif 555 mètres -- Dénivelé négatif 1320 mètres
Bienvenue à la ferme! C'est le coq de la maison qui nous a réveillé vers 3h. Un ou plusieurs porteurs avaient jacassé jusqu'à près de 1h.
Le lever du soleil nous a offert un spectacle comme on les aime. Et en plus il n'a pas été concurrencé par les nuages. Les paysages qui nous sont offerts sont magiques: des torrents impétueux, des terrasses cultivées multicolores d'amarante rouge, jaune ou verte, formant de magnifiques patchworks, des villages harmonieusement déposés dans ce décors, des sommets enneigés majestueux, en particulier ceux du Sringi Himal.
 
 
 
Avant de partir, Dorjé a réussi à vendre à la patronne du lodge les matelas que nous avions utilisés, après une âpre négociation... Vu l'éclat de rire de Dorjé lorque je lui ai demandé comment celà s'était passé, je suis sûr qu'il a fait une affaire!
 
 
 
 
 
 
 
 
Après une descente sévère depuis Ripchet jusqu'au torrent, a débuté un "plat Népalais" terrible pour les mollets, et celà jusqu'à Lokpa. Après, ce fut une descente, disons normale, jusqu'au pont qui nous a permis de rentrer sur le domaine du tour du Manaslu.
Par ailleurs, cette journée a été une journée de transition, mais aussi de séparation et de zizanie.
La transition, celà a été de finir de descendre la lower Valley de Tsum et de s'engager dans la vallée de la Buddhi Gandaki, signe que nous sommes désormais sur le tour du Manaslu. Nous n'avons cheminé dans cette vallée que pendant 20mn environ pour atteindre Niak Phedi.
La séparation, celà a été le départ de deux de nos porteurs Samman et Syam vers KTM chargés des tentes dont nous n'aurons plus besoin. Mon ange gardien Dipesh a dû se résoudre à l'abandon, car il boitait bas depuis hier en particulier dans les descentes, victime d'une tendinite de l'aileron rotulien interne droit. C'est donc après une consultation rhumatologique que la décision a été prise. Mais j'ai dû effectuer le même examen à Lutz qui lui a un épanchement important du genou droit et une douleur du LLI, sur un genou cicatriciel.
La vie du groupe ce matin a été moins sereine suite à des paroles malheureuses. J’ai été obligé de rappeler que nous avions encore deux semaines à vivre ensemble et à nous supporter.
Le soir, il semble que nous soyons repartis d'un bon pied, ce qui est nécessaire pour des trekkeurs….
Le lodge, seule construction du secteur, est tenu par deux jeunes femmes dynamiques. Les maris sont porteurs ou cook sur des treks. Le lodge n'existait pas il y a un an. Seule était ouverte une petite tea-house. Un petit bâtiment tout neuf nous a accueilli pour le repas du soir, avec une nappe en tissus sur la table. Il avait fallu déstocker deux mètres cubes de bois de construction qui y étaient entreposés pour pouvoir s'y installer. C'est le Népal!!! Il n'y a pas de problème! Il n'y a que des solutions, comme dit Dorjé! Pas de toilettes, pas de douches.
L'un d'entre nous a vu le sort des poubelles du lodge. La patronne a fait du lancer de sac poubelle le plus loin possible dans le ravin dans le ravin de la Buddhi Gandaki!!!
Ce soir, configuration à 3 chambres de trois. Je retrouve comme compagnons de chambrée Françoise et Dominique.
 
 
 


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